Term sheet : les clauses qui comptent vraiment (et celles qui vous piègent)

Par Adrien Pannetier · Août 2026 · Lecture : 8 min

Une term sheet, c'est deux pages de chiffres flatteurs et six pages de clauses. Devinez où se joue la vraie négociation. Une valorisation de 12 M€ avec les mauvaises clauses peut rapporter moins, en cas de sortie, qu'une valorisation de 9 M€ bien structurée. Passons en revue ce qui compte, dans l'ordre d'importance.

1. La liquidation préférentielle

La clause la plus importante après la valorisation, et de loin. Elle définit qui touche quoi, et dans quel ordre, en cas de vente.

Faites toujours l'exercice : modélisez ce que chacun touche pour une sortie à 1x, 2x et 5x la valorisation du tour. Les résultats surprennent souvent.

2. L'anti-dilution

Protège l'investisseur si un tour futur se fait à une valorisation inférieure (down round).

3. La gouvernance

Composition du board, matières réservées (les décisions soumises au veto de l'investisseur), droits d'information. Deux principes :

Pour une entreprise à impact, c'est aussi ici que se protège la mission : inscrire l'impact dans les matières réservées ou dans les statuts, c'est éviter qu'un futur actionnaire la sacrifie au premier arbitrage.

4. Vesting fondateurs et clauses de leaver

Le re-vesting de vos propres actions sur 3 ou 4 ans est devenu courant, même en Série A. Négociez le point de départ (créditez les années déjà passées), l'accélération en cas de vente, et surtout la définition du bad leaver : elle doit couvrir la faute grave, pas le simple désaccord stratégique. Un bad leaver trop large est une épée de Damoclès sur votre patrimoine.

5. Exclusivité, conditions et frais

Comment négocier tout ça

Trois règles. Un : négociez le package, jamais clause par clause, pour pouvoir échanger un point contre un autre. Deux : créez de la concurrence en amont, car la meilleure clause de négociation reste une deuxième term sheet sur la table. Trois : faites relire par un avocat spécialisé en capital-risque et challengez l'économie des clauses avec votre banquier d'affaires : le juridique dit ce qui est écrit, le financier dit ce que ça vous coûtera.

C'est exactement ce qu'on fait dans nos mandats de levée de fonds : la négociation de la term sheet est le moment où quelques semaines de travail changent la valeur réelle de votre opération.

Cet article est fourni à titre d'information générale. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil juridique ou fiscal. Chaque opération mérite une analyse propre : parlons de la vôtre.
Adrien Pannetier
Adrien PannetierFondateur de Prouesse. 15 ans en private equity et investissement à impact, ex-Caisse des Dépôts.

On en parle?

Premier échange de 30 minutes, confidentiel et sans engagement. On regarde votre situation et on vous dit franchement ce qu'on en pense.

Prendre rendez-vous → Nous écrire